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Edito de mars 2014

À ce rythme, il ne restera plus que 29 jours pour parcourir le restant du monde. Mais Jean-Marc Pineau n’a nullement l’intention de battre le record de Phileas Fogg et Jean Passepartout. Il ne songe qu’au plaisir des rencontres.

Article  de Michel C.THOMAS paru dans le Journal du Parc n°26 à l’automne 2013

Il a tout de « l’étonnant voyageur », comme on dit du côté de Saint-Malo. Il est voyageur, justement, et comédien, conteur, il s’apprête à nous étonner. Son projet : relier en marchant les 162 communes du Parc, soit une distance d’un peu plus de mille kilomètres, au rythme quotidien de 20 « bornes », sans s’accorder la moindre journée de repos.

Veillée ouverte

Il ne s’attarde pas sur la performance physique… « J’habite ici depuis trente ans mais il y a beaucoup d’endroits que je ne connais pas et, surtout, j’ai envie de rencontrer les gens. Ma démarche (!) correspond parfaitement à la volonté du Parc de « faire connaître et désirer » ce territoire. D’ailleurs, il a immédiatement encouragé mon initiative (1). » Jean-Marc Pineau a également le soutien de l’ABLF (association des bibliothécaires), dont il est l’un des conteurs, et de l’association Randonnée En Livradois-Forez. « J’ai proposé cette action, un peu symbolique, afin de témoigner  des solidarités qui se tissent ici, avec l’ambition d’aider à les renforcer. » C’est par goût du symbole encore qu’il a choisi de commencer son périple le premier jour du printemps, le 20 mars prochain, à Saint-Gervais-sous-Meymont.

Par la route, par des chemins, par des raccourcis, le marcheur arpentera chaque jour le territoire de une à sept communes. « Dans chaque commune où j’arriverai le soir pour faire étape, je proposerai aux habitants une veillée ouverte. Je les inviterai à découvrir des écrivains voyageurs dont je lirai des extraits. Et je convie tous ceux qui le voudront à participer activement, qu’ils aient envie de chanter, jouer une saynète, jouer d’un instrument ou bien danser. Dans les communes où je ne ferai que passer, j’aurai plaisir à répondre à l’invitation d’une bibliothèque ou d’une maison de retraite. Et je m’arrêterai dans chaque mairie. » Il entend aussi rencontrer ceux qui, minoritaires encore, tentent d’inventer des formes de vie plus solidaires, plus écologiques, frugales, en marge de la féroce économie libérale. Au retour, il s’en fera l’écho dans des conférences, dans un livre, probablement.

 

Jusqu’à Tombouctou

Oui mais, en attendant, et le soir, la nuit ? « J’ai déjà quelques amis qui sont tout disposés à m’héberger et, à défaut, je solliciterai le gîte et le couvert auprès de la mairie. Sinon, j’irai dormir dans une grange, mais je ne crois pas que j’en serai réduit à cette extrémité. » Il est persuadé qu’en Livradois-Forez on est aussi accueillant qu’en Côte d’Ivoire ou au Mali… On ne vous à pas dit que Jean-Marc Pineau a arpenté un bon peu de l’Afrique !? À cheval sur 2001-2002, mais toujours à pied, il a refait le parcours de l’explorateur René Caillié (1799-1838), de Boké, en Guinée, jusqu’à Tombouctou, au Mali. 1837 kilomètres de marche (2). En 2008, il a traversé le Sahara marocain en passant par l’Atlas, les cités impériales, avant de rejoindre Tanger. 1 100 kilomètres de plus au compteur. Il a aussi été l’un des organisateurs d’une marche humanitaire, Marseille-Genève, pour l’ONG Santé Sud.

La fin du voyage livrado-forézien est programmée pour le 9 mai, à Saint-Gervais-sous-Meymont. « Au début, j’envisageais un compte rond : 50 jours. Mais le télescopage avec une journée de commémoration n’était pas très opportun. » La boucle sera bouclée un jour plus tard que prévu initialement. On se souvient que Phileas Fogg a gagné son pari en cumulant 24 heures de décalages horaires. Il y a des connivences de cette sorte entre aventuriers.